Le roi du mont Tremblant

Ernie McCulloch
Suite au grand succès de notre article sur Yvan Taché, Tremblant Express a décidé de publier une chronique dans chacune de ses éditions afin d’honorer les légendes du ski de Mont-Tremblant. Ce mois-ci, nous vous faisons découvrir un athlète chevronné qui fut surnommé « le roi du mont Tremblant ».
Ernie McCulloch est né à Trois-Rivières en 1926. Autochtone de souche du côté maternel, il apprend très jeune à apprécier la vie en plein air, et à l’âge de trois ans, il chausse déjà des skis. Adolescent, il est de toutes les compétitions au Québec, et dès 1945, il devient moniteur au mont Tremblant.
En 1949, l’équipe olympique française, laquelle avait remporté la médaille d’or en ski alpin aux Jeux olympiques tenus l’année précédente, participe à la course Kandahar. Sur la ligne de départ, personne ne donne cher de la peau des Canadiens, mais Ernie McCulloch dévale la pente à toute vitesse et franchit le premier la ligne d’arrivée. Son emploi de moniteur lui interdit le trophée, mais bon joueur, le vainqueur Georges Panisset lui en envoie une réplique exacte depuis la France. McCulloch remporte par la suite deux coupes Harriman, en 1951 et 1952.
Mais c’est davantage dans l’enseignement que le roi s’illustre. En 1954, il devient le sixième directeur de l’école de ski de Tremblant. Pendant 15 ans, il sera le maître incontesté de la montagne, formant des centaines de skieurs. Il est le créateur de la technique canadienne d’enseignement (un amalgame des techniques norvégiennes, autrichiennes et françaises), qui s’impose bien vite d’un bout à l’autre du pays. Ses innovations ont une telle portée qu’il donne à l’école de ski une réputation internationale, et c’est avec beaucoup de tristesse qu’on le voit quitter Tremblant en 1969 pour le ciel ontarien.
Tout comme Yvan Taché, Ernie McCulloch ne participera jamais aux Jeux olympiques, en raison de son statut professionnel. Mais il fera sa marque d’une autre façon, en entraînant les champions mondiaux Peter Duncan et Lucille Wheeler. Bien qu’un cancer des os l’ait emporté en 1987, son nom reste encore attaché aujourd’hui à son royaume : une piste du versant sud honore sa mémoire.
Maxime Coursol, journaliste
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