Rafting Nouveau Monde et les Filles de la Rouge

www.newworld.ca - www.fillesdelarouge.com
« En avant », criait la guide, qui essayait de se faire entendre malgré le bruit des eaux turbulentes, juste avant d'attaquer la fameuse « machine à laver », une partie de la section des Sept Sœurs, une suite de rapides de la rivière Rouge. On pagayait fort à l'unisson. La guide, Marjorie Bourbeau, savait que notre radeau pneumatique de 15 pieds et ses huit pagayeurs se devait de frapper l'imminente chute à la perfection. Un peu trop à gauche et c'est « l'ouvre-boîte » qui se chargerait de flipper le bateau! Un peu trop à droite et le radeau pneumatique se retrouverait dans le « burger », et la viande, c’est nous! « Oh, me...e », crie soudainement Andrea Bever, la seconde guide. En entendant ce mot redouté, l'équipage se précipite au centre du bateau pour être en sécurité. Le bateau plonge vers l'avant, puis se soulève avant de replonger et de frapper le fond, provoquant ainsi une effroyable secousse. Nous sommes projetés violemment vers l'avant, et ce, en même temps qu'une explosion d'eau jaillit sur nous. Le bateau cafouille, mais sans raison apparente, il garde le cap. On a réussi… mais l’un des 10 radeaux de l'expédition a eu moins de chance. Il a chaviré et certains membres de l'équipage ont été projetés dans la rivière. Bien informés et bien protégés par un gilet de sécurité et un casque, tous sont parvenus à se hisser à bord, en riant, manifestement avec plus de peur que de mal.
Faire du rafting avec Nouveau Monde sur la rivière Rouge, reconnue pour être une rivière d'eaux vives de premier choix en Amérique du Nord, est une aventure excitante, intimidante pour certains, mais beaucoup moins dangereuse qu'il n’y paraît, grâce à l'équipement qu'on nous procure et aux compétences des guides experts. Certaines guides sont membres des Filles de la Rouge, qui ont remporté deux médailles d'or lors de championnats panaméricains féminins, en Argentine en 2008 et au Brésil en 2010. L'équipe figure parmi les cinq meilleures au classement mondial. Aujourd'hui, Marjorie, Andrea, Marilou Salette, Diana Taneva, Édith Dalcourt-Bertrand, Karen Lacombe, Stefanie McArdle et Karine Corriveau visent le Championnat du monde, et par la suite, une médaille olympique, si un jour le Comité international olympique reconnaît le rafting en tant que discipline olympique, ce qui est peu probable avant 2020. En attendant, les filles continuent de travailler comme guides et elles s'entraînent au Centre de Rafting Nouveau Monde à Grenville-sur-la-Rouge, à environ une heure et demie de Mont-Tremblant. Puisque le rafting de compétition n'en est qu'à ses débuts et que sa structure organisationnelle est inexistante au Canada, Les Filles de la Rouge, inconnues mais néanmoins une puissance mondiale dans cette discipline, ne reçoivent pas de subventions gouvernementales et peu de soutien privé autre que l’appui de Subaru Sainte-Agathe et d’Icebreaker. Elles comptent, en grande partie, sur leurs activités de collectes de fonds. Elles organiseront notamment des compétitions de rafting comme les prochaines courses de la Rouge au centre de Grenville du 8 au 10 septembre. Les filles, pionnières passionnées de leur sport, ont hâte de décrocher d'autres médailles lors de compétitions nationales et internationales. Elles ont cependant besoin de commanditaires.
Que ce soit pour le loisir ou la compétition, le rafting est un sport captivant. Il peut être pratiqué de façon intense ou modérée, mentionne Charles Léger, directeur du Centre Nouveau Monde de Grenville. Le Centre offre les deux possibilités, et tous les niveaux entre les deux. Des activités de kayak y sont aussi offertes. Il est aussi possible de passer toute une journée, ou même quelques jours sur place pour profiter des installations : un bar, un restaurant, et un terrain digne des meilleurs parcs où l’on retrouve une piscine et des baignoires à remous. Plusieurs forfaits sont proposés.
André Courey, journaliste
|