Dossier

Mont-Tremblant : un musée du ski s’impose

« Nous n’avons peut-être pas les immenses montagnes pour recevoir les Olympiques à Mont-Tremblant », ai-je accordé à contrecœur lors d’une discussion avec un ami de Whistler. « Mais nous sommes riches d’une illustre histoire d’un siècle que Whistler ne peut revendiquer », ai-je ajouté avec une pointe d’arrogance.

« Mais comment osez-vous comparer votre illustre histoire avec le fait d’accueillir les Olympiques? » a rétorqué mon ami d’un ton méprisant.

Bien, me suis-je dit, l’histoire de Mont-Tremblant est fascinante. La région est le berceau du ski en Amérique du Nord. Cette histoire n’est-elle pas importante et digne d’intérêt? Un musée serait le moyen de la préserver à long terme.

Il existe plusieurs musées du ski autour du monde, là où il y a des histoires à raconter, notamment dans plusieurs pays européens, plus spécialement dans les pays des Alpes aussi bien qu’aux États-Unis, au Japon et même en Australie. Plusieurs possèdent des artefacts exceptionnels et sont bien fréquentés. Un musée du ski au Mont Buller, en Australie (!), possède une collection de 10,000 objets! 

L’un des rares musées canadiens du ski est à Saint-Sauveur, près de chez nous – le Musée du ski des Laurentides et son Temple de la renommée. Mais le contenu ayant trait à Mont-Tremblant est limité. Quel dommage! L’héritage du ski et des courses de ski au Canada a tellement à voir avec Mont-Tremblant, en commençant avec la famille Wheeler et Gray Rocks, établi il y a 100 ans, l’un des premiers centres de ski au monde. Tremblant a été l’un des premiers centres à être équipé de chaises de remontée. Émile Allais, l’un des premiers gourous du ski dans les années 1930 et 1940, a enseigné la course de ski à Mont-Tremblant. Ernie McCulloch, désigné comme meilleur skieur au monde de la première moitié du vingtième siècle par Ski Magazine, était l’élève d’Allais et devint directeur de l’École de ski de Tremblant dans les années 1950. McCulloch a coursé sur des skis Clément, les premiers « double-deckers » au monde, fabriqués à Trois-Rivières. Le mont Tremblant a été l’hôte des premières courses de ski en Amérique du nord – la Taschereau et la Kandahar.

Mont-Tremblant possède tellement d’histoires captivantes, anciennes et nouvelles, certaines connues, d’autres pas. Son histoire riche et unique a façonné le cachet de Mont-Tremblant et son aura – une aura sophistiquée et cosmopolite issue des premiers centres de villégiature des Wheelers et de Joe Ryan, une aura fascinante qui continue d’exercer son charme alors que Tremblant s’affaire à se faire mieux connaître sur la scène internationale comme centre de ski de prestige. Les aînés d’ici connaissent l’histoire de Mont-Tremblant et son influence certaine sur son identité. Mont-Tremblant peut se prévaloir d’une saga qui est une partie importante de l’histoire du ski elle-même. Cette saga mérite d’être mieux connue. Un musée serait un catalyseur afin de la préserver pour la faire découvrir au reste du monde avant que les précieux souvenirs concrets ne soient éparpillés et emportés à jamais.

Il est question d’un musée au Vieux Village depuis des années. L’encouragement de Katia Canciani (voir page 16) incitera peut-être le conseil municipal à aller de l’avant. Mont-Tremblant doit joindre les rangs des destinations internationales de choix qui ont fièrement exposé leur contribution à l’histoire. De plus, le coût d’un tel projet serait, au plus, une fraction de la dette olympique de Whistler!


André Courey, journaliste

 

 
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