Environnement Mont-Tremblant : nouvelle époque, nouvelles approches



Malgré le fait qu’Environnement Mont-Tremblant demeure le plus remarquable défenseur, voire le « chien de garde » des préoccupations environnementales de la communauté de Mont-Tremblant, au fil du temps, l’organisme a tout de même changé son approche bien que le contenu de son message soit demeuré le même. Il y a 10 ans, cet organisme nouvellement créé, avec à sa tête son premier président, Jean Ouimet, confrontait constamment le maire Pierre Pilon et son conseil municipal, faisant pression pour que des règles plus strictes en matière d’environnement soient édictées. EMT, une fédération représentant 17 associations dont 13 associations de lacs, avait alors la réputation d’exagérer les problèmes environnementaux, et les plaidoyers corsés de Jean Ouimet étaient perçus comme marginaux. Son successeur, feu Patrick O’Hara, était plus modéré, mais inébranlable. Il appuyait solidement sa critique des lacunes de la Ville en matière d’environnement sur des recherches minutieusement effectuées, tout en mettant une emphase constante sur la mission d’EMT : défendre le développement durable et préserver la qualité de vie de la communauté pour les générations actuelles et futures.
Le maire Pierre Pilon et le conseil municipal n’ont pu ignorer ces arguments et, éventuellement, de nombreuses suggestions proposées par EMT se sont retrouvées dans la révision des règlements municipaux adoptée il y a quelques années. Sous la direction de son nouveau président, Denis Archambault, EMT privilégie maintenant une approche coopérative. Par exemple, l’organisme fait partie du conseil d’AGIR pour la Diable, une association se consacrant à mener et à harmoniser les actions régionales visant à protéger le bassin de la rivière du Diable et son eau, conseil dont font aussi partie des représentants de la Ville de Mont-Tremblant, de Station Mont-Tremblant, de la MRC (municipalité régionale de comté) et du gouvernement du Québec. Les idées et les opinions d’EMT sont désormais recherchées et même estimées dans les milieux politiques. Le mois dernier, les membres de l’Assemblée législative du Québec qui siégeaient à la Commission des transports et de l’environnement ont prêté une oreille attentive au président d’EMT et à son secrétaire, Raymond Houle, qui avaient été convoqués pour présenter l’avis d’EMT sur le combat contre les algues bleues dans les lacs de la province. Leurs suggestions comprenaient une aide financière accrue de la part du gouvernement et une plus grande efficacité dans cette lutte en portant une plus grande attention aux différents bassins lacustres et pas seulement aux réseaux de bassins fluviaux.

En bref, Environnement Mont-Tremblant est devenu un organisme de plus en plus accepté par la société au cours des années. Mais son évolution vers un stade d’acceptation et de respect n’a pas seulement été provoquée par son action militante, mais aussi par le progrès de la population au cours des 10 dernières années en ce qui a trait à la sensibilisation à l’environnement et par l’acceptation croissante d’idées et de gestes autrefois jugés trop radicaux de la part du conseil municipal. Les temps ont bien changé.

Le leadership d’EMT a contribué à la progression des mesures prises pour contrer de nombreux problèmes environnementaux causés par le développement rapide et l’accroissement de la population. Par contre, comme Denis Archambault l’a souligné, il existe d’autres problèmes pour lesquels le progrès est très lent. L’un d’eux est la construction sur les sommets et les flancs de montagnes. M. Archambault affirme que des recherches doivent être menées sur le type et la profondeur du sol dans ces endroits avant de pouvoir évaluer avec justesse les conséquences de la construction sur l’environnement montagneux. C’est un des problèmes auxquels il désire qu’EMT s’attaque, et ce, de façon coopérative. Mais cette coopération risque-t-elle de se traduire par une progression plus délayée des efforts d’EMT? Bien qu’il y ait eu des avancées significatives à Mont-Tremblant, certains aspects de son programme environnemental nécessitent peut-être encore l’aide d’actions plus « activistes ».


André Courey, journaliste

 

 
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